L’aube naissante nous surprenait sur du cuir fauve, à l’arrière de la berline qui nous ramenait de Nantes où se tenait Cinérama, la très belle expo photo des panoramiques de Bruno.
Dans les visions fugaces des friches de la zone, les ailes de notre Rolls effleuraient des pylônes et, ignorant tout des trottoirs que nous accostions, tels la Vénus d’argent du radiateur, vers l’horizon tournés, l’esprit ailleurs, pêle-mêle nous évoquions un Franckie transporté par les icônes de Tamara de Lempicka ; les slaloms planétaires de Gérald : Milan, Londres et Dubaï à nouveau, puis Las Vegas avec Juan qu’il fallait retenir dans ses velléités de remplacer au débotté une Céline Dion souffrante ; l’hésitant retour de la Yoli, l’improbable almodivareine des Piétons.
On se promettait aussi de réserver nos nuits pour les soirées Miroir, Miroir…, les mensuelles d’Eric et Tyra au CURIEUX SPAGHETTI BAR, pour l’heure designées par Sam qui s’extasiait à propos de Mario : « J’en n’ai pas connu beaucoup, des qui m’ont sorti les poubelles… » ; puis Flannan nous annonçait en avant-première l’attribution du Prix SPEDIDAM au flamboyant trio Lucienne et les Garçons lors de la cérémonie des Molières 2006, tandis que hurlait le poste de radio - où alternaient les mélodies de Monsieur Gainsbourg revisited, la so british compilation des Inrocks, avec les new-yorkais plus underground de Clap Your Hands Say Yeah - couvrant le silence du moteur.
Et l’on souriait à l’idée que les nuits reviendraient encore.



